En Guinée, le lundi 5 octobre 2026 devait marquer la reprise officielle des cours pour l’année scolaire 2026-2027. Mais dans le quartier de Bambeto, dans la banlieue de Conakry, plusieurs enfants n’ont pas encore repris le chemin de l’école.
Il est environ 9 heures ce lundi matin. Dans les rues du quartier, des enfants jouent, courent et discutent entre eux. L’ambiance ressemble davantage à celle d’une journée de vacances qu’à celle d’un jour de rentrée scolaire.
Pourtant, le calendrier scolaire prévoit bien la reprise des cours à cette date.
À Bambeto, les cahiers attendront encore
Parmi les enfants rencontrés figurent Salematou Baldé, qui doit entrer en 9e année, Malick Diallo, en 5e année, Sekna Bangoura, qui doit poursuivre en 6e année, et Saliou Camara.
Tous étaient encore dans le quartier au moment du constat effectué aux environs de 9 heures.
Les enfants expliquent que leurs parents leur ont demandé de rester à la maison, leur indiquant que l’école n’avait pas encore véritablement commencé.
Pour Salematou Baldé, Malick Diallo, Sekna Bangoura et Saliou Camara, cette journée officiellement consacrée à la rentrée scolaire ressemble donc encore à une journée ordinaire de vacances.
La situation observée à Bambeto met surtout en lumière les difficultés auxquelles certaines familles sont confrontées au moment de la rentrée.
« Les choses sont dures en ce moment »
Trois parents rencontrés dans le quartier ont accepté de s’exprimer sur les raisons qui expliquent le retard de la rentrée scolaire pour leurs enfants.
Le premier évoque simplement la conjoncture économique. « Les choses sont dures en ce moment », explique-t-il, pour justifier les difficultés rencontrées au moment de préparer la rentrée.
Un deuxième parent explique avoir trois enfants scolarisés.
Pour lui, la réinscription et le paiement de la première tranche des frais de scolarité représentent une charge difficile à supporter en cette période.
« J’ai trois enfants. La réinscription et la première tranche des frais de scolarité posent problème chez moi », explique-t-il.
Le troisième parent dit avoir deux enfants, mais affirme que leur rentrée sera différée. Selon lui, rien n’est encore prêt et d’autres dépenses doivent être réglées en priorité.
« J’ai deux enfants, mais ils vont aller à l’école après. Rien n’est prêt d’abord, il y a d’autres priorités », témoigne-t-il.
Des témoignages sans visage
Pour des raisons personnelles, les trois parents ont refusé de se présenter devant la caméra et n’ont pas souhaité être photographiés. Leurs témoignages ont donc été recueillis sans prise d’image permettant de les identifier.
Cette précaution permet également de respecter leur volonté de rester anonymes tout en donnant à entendre les difficultés économiques qu’ils disent rencontrer au moment de la rentrée scolaire.
Entre calendrier officiel et réalité des familles
Le constat réalisé à Bambeto illustre ainsi un décalage entre la date officielle de rentrée et la réalité vécue par certaines familles.
Pour les autorités scolaires, l’année 2026-2027 commence ce 5 octobre. Pour certaines familles de Bambeto, en revanche, la rentrée attendra encore quelques jours, voire davantage, le temps de réunir les moyens nécessaires pour payer les frais de réinscription, la première tranche de scolarité et les autres dépenses liées à la reprise des cours.
Dans les rues du quartier, les enfants continuent donc de jouer alors que leurs camarades ont, en principe, déjà retrouvé leurs salles de classe.
À Bambeto, ce lundi 5 octobre 2026, la rentrée scolaire est officielle sur le calendrier, mais elle reste encore une perspective pour plusieurs familles.
Mbinty Soumah
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