Conakry – L’heure des compromis silencieux semble révolue pour Talibé Dabo. Militant engagé du RPG Arc-en-ciel, il sort de l’ombre pour dénoncer, avec véhémence, le dysfonctionnement interne de son parti. Dans une déclaration à cœur ouvert, il accuse la direction actuelle de trahison, remet en cause la légitimité des structures en place et appelle à un sursaut collectif.
“Je suis révolté. Mais je ne vais pas abandonner ce combat. Même seul, je continuerai. Le combat de la vérité, de la justice, de la réalité.”
C’est par ces mots, empreints de détermination, que Talibé Dabo ouvre le feu. Pour lui, le malaise qui mine le RPG Arc-en-ciel ne date pas d’hier. Il est profond, ancien, et surtout, entretenu de l’intérieur.
“Ce n’est pas le CNRD qui a détruit notre parti. Les dysfonctionnements existaient bien avant. Le parti ne fonctionnait plus correctement, et cela depuis longtemps. Le problème est à la base. Le pire, c’est que nous, les militants, pensions que tout allait bien.”
Le militant pointe directement du doigt les instances dirigeantes, et sans détour, le président du parti, Alpha Condé.
“Le Bureau politique national a trahi le parti. Ils ont échoué. Et il faut le dire clairement : Alpha Condé porte une grande part de responsabilité. Il n’a pas su, ou pas voulu, remettre le parti sur les rails. Il aurait pu faire confiance à de nouveaux profils, insuffler une nouvelle dynamique. Mais il n’a choisi personne.”
Dabo remet également en cause la légalité des instances du parti.
“Les statuts du RPG Arc-en-ciel n’ont jamais été validés. Le règlement intérieur non plus. Pourtant, nous avons un agrément. Comment cela a-t-il été possible ? Par quelle stratégie ? Tout est flou. Et pendant ce temps, les structures de base sont mortes.”
Face à une direction qu’il accuse d’immobilisme et d’autoproclamation, il déplore l’absence de volonté pour organiser un congrès national, pourtant crucial selon lui.
“Ceux qui prétendent diriger le parti se contentent de discours creux. Un congrès aurait pu sauver le RPG. Mais ils ne l’ont jamais voulu. Car un congrès, c’est là où tout se décide, où les textes sont adoptés. Mais il ne peut se tenir sans la volonté du président. Et cette volonté, manifestement, n’existe pas.”
Mais le plus grand mal, selon lui, c’est le silence complice.
“Tout le monde sait. Mais personne ne parle. On murmure dans les maisons, dans les cafés, entre amis. Mais publiquement ? Rien. Il faut que cela cesse. Il est temps que les langues se délient.”
Talibé Dabo n’a pas renoncé au RPG.
Il y croit encore, malgré tout. Mais il refuse d’être spectateur d’une lente agonie orchestrée, selon lui, par ceux-là mêmes qui auraient dû être les gardiens de la maison. Son message est clair : il est temps de faire face à la vérité, aussi douloureuse soit-elle.
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