Avant de porter un jugement sur quelqu’un, il faut d’abord l’approcher, l’écouter et l’observer pour comprendre qui il est réellement.
Quelques semaines après l’arrestation du général Pendessa, le mouvement syndical guinéen a déclenché une grève générale sur toute l’étendue du territoire national afin d’exiger sa libération immédiate et sans condition. En tant que représentant du SPPG, j’ai eu le privilège de participer à plusieurs réunions restreintes et hautement stratégiques, présidées par le général Amadou Diallo, secrétaire général de la CNTG et coordinateur général du mouvement. L’objectif de ces rencontres était clair : trouver les moyens les plus efficaces pour assurer la réussite totale de la grève et obtenir la libération rapide du secrétaire général du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée, détenu à la Maison centrale de Conakry pour avoir simplement demandé le respect de la liberté de la presse.
Durant ces échanges, le général Abdoulaye SOW s’est toujours illustré par son franc-parler, son ton ferme et son engagement sans faille. Il galvanisait les participants, rappelant à chacun l’importance de tenir bon jusqu’au bout.
Je me souviens encore de ces moments où il arrivait en retard à certaines réunions. Quand on lui demandait la raison de ce retard, il répondait avec son humour caractéristique :
« Je fais d’abord le tour de toutes les banques de Kaloum pour vérifier que la grève est bien suivie. Vous ne voyez pas la poussière sur mes chaussures ? »
À travers lui, j’ai vu un homme intègre, sincère et profondément exigeant dans ses démarches syndicales. Pendant toute la durée de cette grève, il a fait partie de ceux qui n’ont jamais flanché, qui ont résisté jusqu’à la victoire finale.
Je me souviens particulièrement du moment où il s’était fermement opposé à certains syndicalistes qui tentaient de céder à des pressions pour suspendre la grève, alors que nous n’avions pas encore obtenu la libération du général Pendessa. Sa détermination avait alors rappelé à tous le sens même de notre lutte.
Quand on ne connaît pas une personne, on n’a pas le droit de la juger à la légère.
À Dieu, camarade général Abdoulaye SOW.
Abdoulaye Cissé
1er secrétaire chargé de la communication et des affaires sociales du SPPG



