Conakry, 10 mai 2025 – En Guinée, les violences basées sur le genre, en particulier les violences conjugales, prennent une ampleur inquiétante. Face à ce fléau grandissant, la voix de l’écrivaine guinéenne Mariam Goepogui, autrice du roman Les Destins Entrelacés, s’élève avec force.
Lors d’un entretien accordé à notre rédaction, l’écrivaine a dénoncé avec vigueur le traitement réservé aux femmes, citant notamment le cas très médiatisé de la chanteuse Djelykaba Bintou, victime de violences conjugales. Elle pointe du doigt une société trop souvent indifférente et appelle les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités.
« La Guinée, ce pays aux sourires larges, aux pagnes éclatants, aux musiques qui résonnent jusqu’aux entrailles… Mais derrière les rythmes et les danses, il y a des silences qui hurlent, des femmes qui tombent, et une justice qui chancelle. »
Dans un message poignant, Mariam Goepogui revient sur la souffrance cachée derrière les projecteurs. Si la chanteuse Djelykaba Bintou, icône de la scène musicale guinéenne, a trouvé un écho médiatique, d’autres femmes, anonymes, continuent de souffrir dans l’ombre.
« À Kankan, une femme a été égorgée pour avoir dit non. À Sanoyah, une autre a été brûlée par celui qui prétendait l’aimer. La violence ne fait pas de tri : elle touche la star comme la vendeuse de marché. »
Elle critique également la passivité des institutions, souvent plus préoccupées par l’apparence que par un véritable changement de fond. Les messages adressés aux femmes – Endure, Pardonne, Sauve ton foyer – sont, selon elle, autant d’injonctions qui les enferment dans un cycle de souffrance.
Heureusement, souligne-t-elle, la presse joue parfois un rôle crucial. Dans cette affaire, les médias nationaux et internationaux, comme RFI, ont permis de briser le silence. Les réseaux sociaux ont servi d’amplificateurs, donnant voix à celles qu’on n’entend jamais.
« La presse, lorsqu’elle agit avec éthique et courage, est une arme redoutable contre l’impunité. »
Mais au-delà des mots, Mariam Goepogui appelle à une refondation sociale profonde. Une société plus juste ne peut exister sans justice pour les femmes.
« Une refondation sans justice est une illusion. La première reconstruction, c’est celle des cœurs, des lois, des regards. »
Elle précise toutefois qu’elle ne prône pas une guerre des sexes. Son engagement est un appel à la solidarité, à la complémentarité entre hommes et femmes, pour bâtir une Guinée où l’amour ne rime plus avec douleur, et où le foyer devient un espace de paix.
« Je rêve d’une Guinée juste. Une Guinée où l’on aime sans craindre, où l’on vit sans trembler. Ce n’est qu’ensemble, femmes et hommes, unis dans le respect, l’équité et la solidarité, que naîtra une Guinée véritablement forte. »
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