À Conakry, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur dans plusieurs mosquées de la capitale : les vols de chaussures pendant les heures de prière. Ce phénomène, suscite de plus en plus de préoccupations parmi les fidèles.
Les témoignages de victimes et de témoins relatent des scènes de désarroi et de frustration, à l’heure où la communauté devrait se concentrer sur sa prière et sa spiritualité.
Une pratique de plus en plus fréquente
Le vol de chaussures dans les mosquées de Conakry semble être devenu un problème récurrent ces derniers mois. Chaque jour, de nombreux fidèles se retrouvent désemparés en sortant de la mosquée, ne trouvant plus leurs chaussures, parfois neuves, souvent achetées à prix d’or. Ce phénomène survient principalement après les prières de l’aube, , de 14h -et du soir, périodes où les mosquées sont souvent bondées de croyants.
Moussa Soumah, un fidèle régulier de la mosquée de Kipé, témoigne « J’ai perdu trois paires de chaussures en l’espace de deux mois. À chaque fois, j’ai l’impression d’être la seule victime, mais en discutant avec d’autres personnes, je me rends compte que je ne suis pas seul. Cela devient de plus en plus fréquent, et cela m’inquiète. »
Selon Moussa , les vols ont lieu dans des mosquées bondées, où il est difficile pour les responsables de surveiller chaque pair de chaussures. « Certains malfaiteurs profitent de l’énorme afflux de personnes pour commettre leurs méfaits en toute discrétion. »
Un phénomène qui perturbe la tranquillité des fidèles
Le cas de Mohamed Lamine, un autre habitant de Conakry, est similaire. Il raconte avoir été victime à plusieurs reprises.
« La première fois, j’ai cru que j’avais égaré mes chaussures. Mais après plusieurs fois, j’ai compris que ce n’était pas un accident. Une fois, je suis même revenu pour vérifier, et j’ai vu un homme avec mes chaussures sous ses bras, prêt à partir. »
Mohamed Lamine explique que, bien qu’il ait tenté de signaler les incidents à la direction de la mosquée, peu de mesures ont été prises pour éviter ce phénomène. « On m’a dit qu’il n’y avait pas grand-chose à faire. Mais on ne peut pas simplement ignorer le problème », ajoute-t-il, visiblement frustré.
Fatoumata Sylla, une femme fidèle de la mosquée de Dixinn, se dit « très préoccupée » par cette situation. « Les femmes, en particulier, ont des chaussures très spéciales et parfois chères, et perdre une paire de chaussures est un vrai soucis. Ce n’est pas juste une perte matérielle, c’est un manque de respect et un vrai trouble à la tranquillité de la prière », se lamente dame Fatoumata.
Les victimes, qu’elles soient hommes ou femmes, se sentent de plus en plus vulnérables et désemparées. L’image des mosquées, lieux de sérénité et de culte, se trouve ternie par ce phénomène qui perturbe l’expérience spirituelle des croyants.
Des solutions insuffisantes
Face à ce fléau, les responsables des mosquées de Conakry semblent pris de court. Malgré plusieurs plaintes et des appels à une meilleure organisation, peu de mesures efficaces ont été mises en place pour endiguer ce phénomène : installation des étagères en bois dans les mosquées pour permettre aux croyants d’être prêts de leurs chaussures. Pour la mosquée de Bambeto, les croyants utilisent les sacs en plastique pour garder les chaussures au près d’eux.
Certains proposent : l’installation de caméras de surveillance, délimitation d’espaces dédiés pour les chaussures, voire la présence de bénévoles chargés de surveiller les espaces de rangement.
Alors que les mosquées restent un sanctuaire de recueillement pour des milliers de personnes chaque jour, il devient évident que la question de la sécurité des biens des fidèles doit être prise en compte.
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