À Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, la police a présenté jeudi 1er octobre neuf personnes interpellées dans le cadre d’une enquête sur plusieurs attaques à main armée enregistrées entre juillet et septembre 2026. Des armes, des munitions et d’autres objets saisis au cours des investigations ont également été exposés à la presse.
La criminalité reste au cœur des préoccupations des autorités dans la préfecture de Siguiri. Jeudi, le commissariat central de police a présenté neuf personnes soupçonnées d’être impliquées, à des degrés divers, dans plusieurs attaques commises ces derniers mois dans la commune urbaine et certaines localités environnantes.
La présentation s’est déroulée en présence de responsables des forces de défense et de sécurité. Selon le commissaire central de Siguiri, Ibrahima Naby Traoré, les mois de juillet, août et septembre ont été marqués par une recrudescence des actes de criminalité, notamment des attaques à main armée ayant fait au moins une victime et provoqué d’importants préjudices matériels et financiers.
Plusieurs attaques au cœur de l’enquête
D’après les éléments communiqués par la police, les investigations portent notamment sur plusieurs faits enregistrés entre août et septembre.
Le 18 août, Yaya Traoré aurait été victime d’une attaque au cours de laquelle une machine destinée à la détection de l’or a été emportée.
Le 26 août, un domicile du quartier Victoria, dans la commune urbaine de Siguiri, a été attaqué au préjudice de Mamadou Magassouba. Les assaillants auraient emporté 180 millions de francs guinéens, une moto de marque Haouzi ainsi que plusieurs téléphones.
Trois jours plus tard, le 29 août, un kiosque Orange Money situé à Boukaria, dans la sous-préfecture de Kintinia, a été pris pour cible. Mamadou Oury Diallo, présenté comme victime, a été atteint par balle et a perdu son pouce gauche. Aucun fonds n’aurait toutefois été emporté lors de cette attaque.
Le 4 septembre, une nouvelle attaque a été signalée à Kèda, dans la sous-préfecture de Niagassola. Deux motos de marque TVS 125 ainsi qu’un téléphone auraient été volés au préjudice de Samba Condé, Youssouf Keïta et Mamadou Diallo.
Quelques jours plus tard, le 10 septembre, un bureau de vente d’or du secteur de Konkrön, dans la commune urbaine de Siguiri, a été attaqué. La police estime les pertes à environ 30 millions de francs guinéens, auxquels s’ajoutent plus de 50 grammes d’or et un téléphone.
Selon le commissaire Ibrahima Naby Traoré, les investigations, conduites sous la supervision de la direction générale de la police nationale, ont conduit à l’interpellation de plusieurs personnes soupçonnées d’être liées à ces différentes affaires.
Parmi les personnes présentées figure Bandjigui Kouyaté, alias « Saa » ou « Le Serpent ». Les enquêteurs le présentent comme l’un des principaux suspects dans le dossier. Selon la police, il aurait reconnu une implication dans plusieurs attaques, notamment celles visant le bureau de vente d’or de Konkrön, le domicile du quartier Victoria et le kiosque Orange Money de Kintinia.
D’autres personnes sont citées dans l’enquête, notamment Laye Mouctar Camara, Kissi Koïta, Nouhan Keïta, Ansoumane Diakité et Sékouba Camara, alias « Sekouzé ».
Toujours selon les déclarations rapportées par les enquêteurs, certains suspects auraient joué des rôles différents dans la préparation ou l’exécution présumée des opérations : collecte de renseignements, transport ou encore récupération d’armes.
La police cite également Zéneb Camara, présentée comme la seule femme parmi les personnes interpellées. Les enquêteurs affirment qu’elle aurait reconnu être en contact avec plusieurs individus soupçonnés d’activités criminelles.
Baïlo Camara, présenté comme étudiant, est également cité dans le dossier. Selon la police, il aurait reconnu avoir acheté plusieurs téléphones auprès de Bandjigui Kouyaté.
Des armes et des munitions saisies
Les services de sécurité affirment avoir saisi, au cours des opérations, une arme de type AK-47, un chargeur et onze munitions. Une arme de type PMAK-45 figure également parmi les éléments présentés à la presse.
Concernant Sékouba Camara, alias « Sekouzé », présenté comme tôlier-peintre, les enquêteurs affirment qu’il aurait reconnu avoir récupéré une arme à la gare routière de Siguiri avant de la remettre à Bandjigui Kouyaté, sur instruction de Makandjan Camara, alias « Pelé ».
Ce dernier se trouve actuellement à la maison d’arrêt de Siguiri. Selon les enquêteurs, il aurait déjà été condamné à 18 ans de prison et est également cité dans le cadre de cette nouvelle enquête.
La police appelle à la collaboration
À travers cette opération, les autorités sécuritaires disent vouloir intensifier la lutte contre les attaques à main armée et les autres formes de criminalité dans la région de Siguiri.
La police appelle les habitants à renforcer leur coopération avec les forces de sécurité, notamment en signalant les comportements ou situations qu’ils considèrent comme suspects.
Les personnes présentées demeurent toutefois soupçonnées dans le cadre de l’enquête : leurs déclarations rapportées par la police, comme les autres éléments recueillis au cours de la procédure, devront être appréciés par les autorités judiciaires compétentes.
Sia Thea
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