La contestation autour de la direction du quartier Béhanzin prend une nouvelle dimension. Une délégation de citoyens s’est rendue ce jeudi 10 septembre 2026 à la mairie de Gbessia pour demander le retour de Hadja Aminata Bayo, ancienne cheffe de quartier, à la tête de la localité.
À travers cette démarche, les habitants mobilisés entendent faire valoir ce qu’ils présentent comme un attachement à une responsable qui aurait marqué la vie communautaire de Béhanzin. Ils mettent notamment en avant son rôle dans les activités locales, sa capacité à mobiliser les habitants et son implication dans plusieurs initiatives communautaires.
Une revendication citoyenne face aux limites de l’autorité municipale
La rencontre avec les autorités municipales a cependant mis en évidence une question institutionnelle : qui détient réellement le pouvoir de décider du retour d’une ancienne responsable de quartier ?
La mairie de Gbessia affirme que le départ de Hadja Aminata Bayo n’a pas été décidé au niveau communal. Dans ces conditions, expliquent les autorités municipales, son éventuel retour ne relève pas de leur seule compétence.
Cette réponse place la revendication des habitants sur un terrain à la fois politique et administratif. Alors que les citoyens mobilisés sollicitent une solution auprès de la mairie, celle-ci renvoie implicitement vers les autorités compétentes pour toute décision concernant la nomination ou la réinstallation de la responsable.
Une mobilisation fondée sur le bilan communautaire
Pour les partisans de Hadja Aminata Bayo, la question ne se limite pas à un changement de responsable administratif. Ils défendent le bilan d’une dirigeante locale dont ils estiment qu’elle avait réussi à maintenir un lien étroit avec les habitants.
Son implication dans les activités communautaires et sa capacité à rassembler autour des initiatives du quartier sont régulièrement citées par les membres de la délégation comme les principales raisons justifiant son retour.
Cette mobilisation illustre également l’importance que peuvent revêtir, dans les quartiers urbains, les figures de proximité capables de servir d’intermédiaires entre les populations et les structures administratives.
Fatoumata Camara : « plusieurs tentatives de dialogue »
L’artiste comédienne Fatoumata Camara, membre de la délégation reçue à la mairie, affirme que cette initiative intervient après plusieurs tentatives de dialogue.
Selon les membres du collectif, le déplacement à la mairie constitue donc une nouvelle étape dans leurs démarches pour obtenir une réponse à leur revendication.
À ce stade, aucune décision annonçant le retour de Hadja Aminata Bayo à la tête de Béhanzin n’a été rendue publique. La suite du dossier dépend désormais des autorités disposant de la compétence pour statuer sur son éventuelle réinstallation.
Au-delà du cas de Béhanzin, cette affaire met en lumière une question plus large de gouvernance locale : la place des citoyens dans le choix de leurs responsables de proximité et les limites respectives des pouvoirs communautaires et administratifs.
Renforce encore la dimension institutionnelle.
Mbinty Soumah
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