Dans une adresse solennelle à la nation, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est érigé en héraut du projet de Constitution remis au chef de l’État le 26 juin. À travers une déclaration télévisée diffusée le 10 juillet, il a invité le peuple guinéen à « s’approprier » un texte fondateur censé redéfinir les bases institutionnelles du pays. À l’approche du référendum du 21 septembre, le chef du gouvernement insiste sur la nécessité d’une compréhension collective du projet, insistant sur son accessibilité linguistique et territoriale.
Cette démarche, qu’il présente comme un acte de transparence et de pédagogie démocratique, est aussi une opération de persuasion d’ampleur nationale : marchés, lieux de culte, réseaux sociaux, tout est mis à contribution pour instaurer un climat d’adhésion.
Mais derrière ce discours inclusif se cache un enjeu politique crucial : légitimer, par le suffrage populaire, un texte qui se veut porteur de renouveau mais dont la profondeur démocratique reste à questionner. En exaltant les droits fondamentaux, l’égalité des sexes, la reconnaissance des diasporas et la protection de l’environnement, le projet semble cocher toutes les cases d’un texte moderne.
Cependant, cette avalanche de promesses soulève une interrogation centrale : cette campagne est-elle réellement un éveil citoyen ou une mise en scène de consensus ?
Car dans un pays où la défiance envers les institutions est ancrée, l’exhortation à « former son opinion » peut vite se heurter à une réalité plus cynique : celle d’un projet élaboré en haut lieu, dont l’adoption semble déjà écrite.
Conakry 11 juillet 2025
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