La crise couvait, elle vient d’éclater au grand jour. Ce lundi matin, les journalistes et chroniqueurs de Télé24, ex-leDjelyTV, ont tenu une déclaration publique poignante au siège de la chaîne. L’heure est grave : retards de salaire allant jusqu’à six mois, conditions de travail indignes, licenciements jugés abusifs, pressions multiples… le personnel n’en peut plus et lance un cri d’alarme.
Abdoulaye Kaback Camara, porte-parole du collectif des grévistes, n’a pas mâché ses mots. Face à une presse locale venue en soutien, il a dénoncé une situation devenue intenable depuis le rachat de la chaîne, en juillet 2024. Selon lui, un certain Bangaly Biramou, présenté uniquement par téléphone comme “le nouveau responsable”, aurait imposé des méthodes autoritaires et déshumanisantes, plongeant les équipes dans l’incertitude et la précarité.
« Nous ignorons encore aujourd’hui l’identité réelle du propriétaire de Télé24. Et depuis ce rachat, nos souffrances n’ont fait que croître », déplore-t-il.
Des revendications claires
Dans leur déclaration, les travailleurs grévistes de Télé24 exigent deux choses essentielles :
Le paiement immédiat de leurs arriérés de salaires (4 à 6 mois impayés) ;
Une rencontre directe avec le véritable propriétaire de la chaîne, qu’ils considèrent comme le seul interlocuteur crédible à ce stade.
Sans réponse favorable, ils annoncent la poursuite de la grève “jusqu’à nouvel ordre”, ainsi que des actions plus fortes dans les prochains jours.
« Nous voulons simplement travailler dans la dignité et dans le respect de nos droits », a insisté le collectif, appelant à la solidarité de tous les acteurs du secteur médiatique et à l’intervention urgente des autorités compétentes.
Silence radio de la direction
Joint par téléphone, Bangaly Biramou, au cœur de la tourmente, a choisi de ne pas s’exprimer dans l’immédiat. Il s’est contenté de déclarer qu’il “réagira en temps voulu”. Un silence qui, loin d’apaiser, renforce les inquiétudes du personnel déjà fragilisé par des mois de négligence.
Une situation qui interroge
L’histoire de Télé24 pose une question plus large sur les conditions de travail des journalistes dans certains médias privés en Guinée. Entre rachats opaques, gestion arbitraire et non-respect des droits sociaux de base, les professionnels de l’information se retrouvent souvent démunis.
Le cas de Télé24 devient ainsi emblématique d’un malaise profond dans le paysage médiatique guinéen. Et le combat que mènent aujourd’hui ses employés pourrait bien réveiller d’autres consciences dans le secteur.
Affaire à suivre.
Conakry 4 août 2025
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