Chaque 3 mai, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse. Mais en Guinée, cette journée a pris des airs de commémoration plutôt que de célébration. Réunis à la Maison commune des journalistes à Conakry, les professionnels des médias ont exprimé leur désarroi face à une situation de plus en plus préoccupante pour la liberté d’informer.
L’année 2024 a été marquée par une multiplication des atteintes à la liberté de la presse. Selon le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG), 70 cas d’atteintes graves ont été recensés, contre 23 l’année précédente. Ces violations incluent des agressions physiques, des menaces, des séquestrations, des arrestations arbitraires et des fermetures de médias .
Parmi les journalistes interrogés, Mamoudou Boulérè Diallo, ancien de la chaîne Espace TV fermée en mai 2024 a exprimé son désarroi face à la situation.
Il a dénoncé la perte de 25 places de la Guinée dans le dernier classement mondial de Reporters sans frontières, qualifiant cette chute de “honte nationale” .
D’autres journalistes ont évoqué les conséquences dramatiques de cette situation : divorces, reconversions forcées, découragement. “On ne vit plus, on survit”, a déclaré l’un d’eux, soulignant la brutalité de la perte d’emploi .
Face à cette situation, Mamoudou Karakan Diallo, administrateur du site Karakan News, a appelé les autorités à revoir leur position vis-à-vis des médias privés fermés et à respecter le pluralisme.
Il a souligné que “vouloir faire taire les médias, c’est tuer des emplois et affaiblir la démocratie” .
Le thème mondial retenu pour 2025 “Informer dans un monde nouveau : l’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias” semble bien lointain pour les journalistes guinéens. Ici, c’est encore la lutte pour le droit d’exister, tout simplement.
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