Avec une population dont plus de 70 % est constituée de jeunes, la Guinée dispose d’un potentiel démographique souvent présenté comme un levier majeur de développement.
Pourtant, le chômage, les difficultés d’insertion professionnelle et les insuffisances du système d’accompagnement continuent de freiner l’émergence d’une nouvelle génération de leaders. Pour l’expert en sciences sociales du développement Aimé Stéphane Mansaré, le coaching des jeunes pourrait contribuer à inverser cette tendance.
Dans une réflexion consacrée à l’avenir de la jeunesse guinéenne, le directeur général de l’Institut de Promotion du Coaching des Jeunes (IPCJ-Guinée) estime que le pays possède des atouts historiques et humains insuffisamment valorisés.
Selon lui, la jeunesse guinéenne s’est distinguée à plusieurs moments de l’histoire nationale par son engagement politique, son dynamisme culturel et ses performances sportives.
L’auteur rappelle notamment le rôle joué par les jeunes dans la lutte pour l’indépendance de 1958 et dans la promotion des idéaux panafricains. Il cite également les succès du Hafia FC, du Bembeya Jazz National, des Ballets africains ainsi que les contributions de personnalités telles que Solomana Kanté, inventeur de l’alphabet N’Ko, comme autant d’exemples du potentiel créatif et intellectuel du pays.
Mais, selon Aimé Stéphane Mansaré, cette dynamique s’est progressivement affaiblie depuis les années 1980. Il évoque un recul des mécanismes d’encadrement, une perte de repères chez une partie de la jeunesse et un déficit de préparation aux exigences d’une économie mondialisée.
Pour l’expert, le développement personnel et le leadership constituent désormais des priorités. Il défend l’idée d’un accompagnement structuré permettant aux jeunes de construire un projet professionnel, de renforcer leurs compétences et de participer davantage à la gouvernance publique et au développement économique.
Cette vision s’appuie sur l’expérience du cabinet TIRAD, qui a accompagné plusieurs organisations de jeunesse au début des années 2000. Selon son fondateur, cette initiative aurait contribué à l’émergence de nombreux responsables aujourd’hui actifs dans différents secteurs de la vie publique et associative.
Dans cette continuité, l’IPCJ-Guinée ambitionne de former, d’ici à 2027, plusieurs milliers de jeunes leaders. L’objectif affiché est de créer une masse critique de compétences capables d’accompagner les transformations économiques, sociales et institutionnelles du pays.
Au-delà de la seule formation, cette initiative relance le débat sur les politiques publiques en faveur de la jeunesse. Dans un contexte où la Guinée cherche à accélérer son développement, la valorisation du capital humain apparaît comme un enjeu central. Pour ses promoteurs, le coaching pourrait devenir un complément aux réformes de l’éducation, de l’emploi et de l’entrepreneuriat, afin de mieux préparer les nouvelles générations aux défis de la mondialisation et de l’intégration africaine.
Reste désormais à savoir si cette approche trouvera l’appui des pouvoirs publics, des partenaires internationaux et du secteur privé, condition essentielle pour transformer cette ambition en politique d’envergure nationale.
SAM


