Une nouvelle polémique secoue le secteur pétrolier guinéen. Le Réseau National des Acteurs du Développement Durable (RENADE) a publiquement dénoncé la prolongation pour six mois du contrat liant l’État guinéen au groupe suisse Addax and Oryx Group, qualifiant la décision d’« irrégulière » et d’« affront à la transparence ».
Dans un communiqué publié ce samedi 21 février à Conakry, l’organisation de la société civile affirme que cette prorogation aurait été accordée sans appel d’offres, en contradiction avec les principes de concurrence et de bonne gouvernance qui encadrent normalement les marchés publics stratégiques, notamment dans le secteur des hydrocarbures.
Des accusations de favoritisme
Selon le RENADE, le contrat initial d’approvisionnement en produits pétroliers avait été attribué en 2022 au groupe nigérian Sahara Group à l’issue d’un appel d’offres. Celui-ci n’aurait pas été renouvelé en 2024 sur fond de soupçons de corruption.
L’organisation s’interroge aujourd’hui sur les circonstances ayant permis à Addax and Oryx Group — écarté lors de la précédente procédure — de récupérer le marché sans mise en concurrence. Elle évoque des risques de « favoritisme », de « prise illégale d’intérêts » et de possibles faits de corruption et de blanchiment de capitaux, sans toutefois fournir, à ce stade, de preuves publiques détaillées.
Appel à la suspension du contrat
Le RENADE exige la suspension immédiate du contrat et appelle le gouvernement à rendre des comptes sur les conditions exactes de cette prolongation. L’organisation demande également l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur le processus décisionnel.
Dans son communiqué, le réseau va plus loin en réclamant la démission du directeur général de la Société Nationale des Pétroles (SONAP), Dr. Lancinet Condé, ainsi que de « tous les acteurs impliqués » dans cette affaire.
Un secteur stratégique sous tension
Le secteur des hydrocarbures en Guinée est particulièrement sensible, tant pour les finances publiques que pour la stabilité sociale.
Les importations de carburant constituent un levier crucial pour l’approvisionnement national, dans un contexte où la question du coût de la vie reste au cœur des préoccupations.
Cette nouvelle controverse intervient dans un climat régional marqué par une vigilance accrue des organisations de la société civile à l’égard de la gestion des ressources naturelles. Les observateurs internationaux suivent de près l’évolution de la gouvernance économique en Guinée, pays riche en ressources minières mais régulièrement confronté à des accusations de mauvaise gestion et de corruption.
À ce stade, les autorités guinéennes n’ont pas encore officiellement répondu aux accusations du RENADE. Une réaction du gouvernement ou de la SONAP pourrait être déterminante pour apaiser les tensions et clarifier les conditions exactes de la prolongation du contrat.
En attendant, cette affaire relance le débat sur la transparence des marchés publics en Guinée et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle dans les secteurs stratégiques.
Conakry 21 février 2026
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