« Je vous le jure, être dans un fauteuil roulant n’est pas toujours facile. Certains gestes simples du quotidien deviennent des défis que beaucoup ne remarquent même pas. Pour moi, ce qui me manque le plus, c’est faire pipi debout ou courir avec ma petite fille. »
Ces mots forts ont été publiés sur la page Facebook officielle de Tombolia Foté, artiste guinéen de musique urbaine connu pour son authenticité et son engagement. Son nom de scène, qui signifie « le blanc de Tombolia » en langue soussou, renvoie à son quartier d’origine à Conakry et à une identité assumée, à la fois singulière et fière.
Un message personnel devenu collectif
C’est donc sur sa page Facebook que l’artiste a choisi de partager cette réflexion intime. Un message simple, direct, sans artifice. En quelques lignes, il décrit une réalité souvent invisible : celle des défis quotidiens liés au handicap.
Il ne parle pas de grandes batailles héroïques, mais de gestes ordinaires. Se lever. Courir. Accomplir des actions que la majorité considère comme évidentes.
À travers son témoignage, il met en lumière ces petites choses qui prennent une dimension immense lorsqu’elles deviennent inaccessibles.
Un artiste face aux obstacles du quotidien.
En Guinée, les personnes en situation de handicap doivent composer avec des infrastructures rarement adaptées : bâtiments sans rampes d’accès, transports publics difficiles d’utilisation, espaces culturels peu accessibles.
Pour un musicien, ces contraintes sont encore plus visibles. Monter sur scène, se déplacer pour des concerts, accéder aux studios d’enregistrement : chaque étape peut devenir un défi logistique.
Malgré cela, Tombolia Foté poursuit sa carrière artistique. Sa musique, ancrée dans les sonorités urbaines africaines, aborde des thèmes sociaux, identitaires et humains. Son handicap ne définit pas son art, mais il enrichit son regard sur le monde.
Une question adressée à tous
Dans sa publication, l’artiste termine par une interrogation :
« Qu’est-ce qui vous manque le plus dans votre vie de tous les jours ? »
Cette question, posée à sa communauté en ligne, dépasse largement son expérience personnelle. Elle invite chacun à réfléchir à ses propres manques, qu’ils soient physiques, émotionnels ou sociaux.
En exposant sa vulnérabilité sur un réseau social aussi populaire que Facebook, Tombolia Foté transforme une confession intime en débat public.
Son message relance aussi la réflexion sur l’inclusion en Guinée : accessibilité des espaces publics, représentation des personnes handicapées dans les médias, politiques d’accompagnement adaptées.
Plus qu’un simple statut Facebook, son texte devient un plaidoyer pour une société plus attentive aux réalités de tous ses citoyens.
Derrière l’artiste urbain, il y a un père qui aimerait courir avec sa fille.
Et derrière cette image, une vérité universelle : chacun porte en lui un manque, visible ou non.
En partageant le sien, Tombolia Foté rappelle que la force peut aussi naître de la fragilité assumée.
Conakry 3 mars 2026
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