Le sociologue guinéen Aimé Stéphane Mansaré estime que la banalisation du mensonge dans la vie publique constitue un obstacle au développement de la Guinée, appelant à une gouvernance davantage fondée sur la transparence, le mérite et le débat contradictoire.
Dans une tribune intitulée « Pourquoi il est difficile de dire la vérité lorsqu’on profite du mensonge ? », l’expert-consultant en sciences sociales du développement affirme que, dans certains contextes, les contre-vérités peuvent être tolérées, voire encouragées, lorsqu’elles servent des intérêts politiques, administratifs ou personnels.
« Le problème n’est pas que les Guinéens ignorent la vérité. Nombreux sont ceux qui la connaissent, l’observent et la vivent quotidiennement », écrit-il. « Ce qui pose problème, c’est que beaucoup préfèrent ne pas la dire, tandis que d’autres s’emploient à la travestir. »
Selon lui, cette situation ne concerne pas uniquement les acteurs politiques. Il estime que la recherche d’avantages personnels favorise également une culture de la complaisance dans certains secteurs de l’administration et de la société, où les difficultés seraient parfois minimisées au profit de bilans plus favorables.
Aimé Stéphane Mansaré soutient que cette dynamique peut avoir des conséquences sur la qualité des politiques publiques. À ses yeux, les défis liés à l’emploi des jeunes, aux services publics, à la gouvernance ou au développement économique ne peuvent être résolus sans une évaluation sincère des réalités.
Le sociologue rappelle que la Guinée dispose d’importantes ressources naturelles ainsi que d’une population jeune, mais estime que ces atouts risquent de produire des résultats limités si la compétence et la transparence ne sont pas davantage valorisées.
Dans sa tribune, il plaide pour une administration fondée sur le mérite, un débat public ouvert aux opinions contradictoires et une gouvernance capable de prendre en compte les critiques comme un levier d’amélioration des politiques publiques.
« La vérité n’est pas l’ennemie de l’État, mais son meilleur allié », écrit-il, estimant qu’un dirigeant disposant d’informations sincères est mieux placé pour prendre des décisions efficaces qu’un responsable entouré de collaborateurs privilégiant la complaisance.
En conclusion, Aimé Stéphane Mansaré appelle à faire de la vérité un instrument de gouvernance et s’interroge sur la capacité d’un pays à progresser lorsque les voix critiques sont marginalisées tandis que les discours conformes aux intérêts du moment sont davantage récompensés.
Cette tribune s’inscrit dans un débat plus large sur la gouvernance, la transparence et la qualité du débat public en Guinée, alors que le pays fait face à des défis économiques, sociaux et institutionnels importants.
Saidou Diallo
Onetopic84@gmail.com
+224623813202



