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Guinée : un véhicule pénitentiaire transformé en taxi, le ministère de la Justice sort le carton rouge !

13 octobre 2026
in Justice
Guinée : un véhicule pénitentiaire transformé en taxi, le ministère de la Justice sort le carton rouge !

Un véhicule destiné à l’extraction des détenus aurait-il changé de métier en plein service ?

C’est l’affaire qui secoue le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. Accusé d’avoir transporté des passagers civils lors d’une mission officielle, le brigadier Mamady Oularé a été suspendu à titre conservatoire.

Une affaire qui rappelle qu’en Guinée, même les véhicules de l’administration peuvent parfois être tentés par une carrière parallèle.

Dans le grand théâtre de l’administration guinéenne, les surprises ne manquent décidément pas. Dernier épisode en date : un véhicule pénitentiaire, normalement réservé au transfert des détenus, aurait été utilisé pour transporter des passagers civils.

Une reconversion professionnelle improvisée qui n’a visiblement pas fait rire le ministère de la Justice.
Selon un communiqué publié mardi 13 octobre 2026, le brigadier Mamady Oularé aurait décidé, lors d’une mission officielle, d’élargir les fonctions de son véhicule de service.

Au programme initial : le transfert de prévenus de la Maison d’arrêt et de correction de Coyah vers la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Mais, sur le trajet aller du dimanche 11 octobre, des passagers civils auraient également pris place à bord.
Une initiative qui n’était manifestement inscrite ni dans l’ordre de mission ni dans le manuel des bonnes pratiques pénitentiaires.

De l’extraction des détenus au transport civil : un changement de programme non autorisé
Dans les transports publics, on connaît les taxis, les minibus et les véhicules de transport en commun. Dans l’administration pénitentiaire, la vocation d’un véhicule est pourtant nettement plus précise : assurer le transport des détenus dans le respect des règles de sécurité.

Mais, selon les faits rapportés par le ministère, le brigadier aurait momentanément confondu mission officielle et service de transport improvisé.

Le communiqué ne précise ni le nombre de passagers concernés ni les circonstances exactes de leur embarquement. Une chose est toutefois certaine : cette utilisation du véhicule a suffisamment interpellé la hiérarchie pour provoquer une réaction officielle.

Le véhicule était chargé d’une mission pénitentiaire, mais il aurait apparemment accepté des passagers supplémentaires sans consulter le cahier des charges.
Reste à savoir si cette initiative relevait d’un simple écart de conduite ou si l’enquête permettra d’établir d’autres éléments.

Le ministère de la Justice rappelle que la prison n’est pas une gare routière
Face à ce qu’il considère comme un manquement grave aux procédures administratives et d’escorte des détenus, le ministère de la Justice n’a pas tardé à réagir.

Le département condamne un comportement qu’il juge contraire au code de déontologie et aux règles encadrant le personnel pénitentiaire.
En clair, un véhicule affecté au transport des détenus n’est pas un taxi collectif, même si la route est longue, si les sièges sont disponibles ou si certains passagers cherchent désespérément un moyen de déplacement.

Dans cette affaire, la hiérarchie a visiblement décidé de rappeler une règle élémentaire : dans l’administration, chaque véhicule a sa mission, chaque agent a ses obligations et chaque détour peut finir par attirer l’attention de la hiérarchie.

Suspension, enquête et contrôles : le ministère enclenche la marche arrière
Pour répondre à cet incident, trois mesures ont été annoncées.

Premièrement, la suspension conservatoire du brigadier Mamady Oularé. Deuxièmement, l’ouverture d’une enquête disciplinaire, sans préjudice d’éventuelles poursuites pénales.

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Troisièmement, le renforcement des contrôles des convois pénitentiaires.
Le ministère a donc choisi de serrer la vis. Désormais, les véhicules pénitentiaires pourraient faire l’objet d’une surveillance renforcée afin d’éviter que d’autres agents ne soient tentés de transformer une mission officielle en activité de transport parallèle.

Une mesure qui soulève, en filigrane, une question plus large : comment s’assurer que les moyens de l’État restent exclusivement affectés aux missions pour lesquelles ils ont été mis à disposition ?

Car derrière l’anecdote, il y a un véritable enjeu de discipline administrative, de sécurité et de gestion des ressources publiques.

L’affaire prête à sourire par son caractère insolite, mais elle rappelle une réalité moins amusante : les véhicules administratifs ne sont pas des biens privés et leur utilisation est encadrée par des règles précises.

Dans le secteur pénitentiaire, ces exigences sont d’autant plus importantes que le transport des détenus implique des responsabilités particulières en matière de sécurité et d’organisation.

Pour le brigadier mis en cause, la suite dépendra des conclusions de l’enquête et des décisions prises par les autorités compétentes. À ce stade, les faits rapportés par le ministère ne permettent pas de préjuger de l’issue de la procédure.

En attendant, cette affaire livre une petite leçon d’administration publique : un véhicule peut changer de destination en quelques kilomètres, mais les responsabilités, elles, finissent toujours par retrouver leur propriétaire.

Et au ministère de la Justice, le message semble désormais clair : les véhicules pénitentiaires sont faits pour les missions pénitentiaires. Pour les autres déplacements, mieux vaut chercher un taxi.
Saidou Diallo

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