Une allégorie politique inspirée d’une fable du Dr Faya Lansana Millimouno alimente le débat en Guinée sur les rapports de force au sommet de l’État, dans un contexte où les autorités poursuivent la mise en place des institutions de la future République.
Au cœur de cette réflexion figure une analyse du sociologue et expert en sciences sociales du développement, Aimé Stéphane Mansaré, qui propose une lecture symbolique des dynamiques ayant entouré les discussions sur les plus hautes responsabilités institutionnelles, notamment la présidence du Conseil national de la transition (CNT) et le poste de Premier ministre.
Une lecture symbolique des mécanismes du pouvoir
S’appuyant sur une parabole mettant en scène plusieurs figures animales, l’auteur décrit les différentes facettes de l’exercice du pouvoir.
Le Lion y représente l’autorité suprême de l’État, tandis que le Hibou, l’Éléphant, la Tortue et l’Aigle symbolisent respectivement la connaissance, la mémoire, la prudence et la clairvoyance.
À l’opposé, le Serpent incarne, selon cette interprétation, une ambition politique jugée excessive, susceptible de privilégier les intérêts individuels au détriment de l’intérêt collectif.
Pour Aimé Stéphane Mansaré, cette mise en scène s’inscrit dans une tradition ancienne de la littérature politique, où les métaphores servent à décrypter les stratégies de pouvoir, les rivalités internes et les comportements des élites dirigeantes.
Des interprétations sur les rivalités au sein de la transition
L’analyse avance que plusieurs personnalités originaires de la Guinée Forestière et de la Basse-Côte étaient perçues comme des candidats crédibles pour diriger le CNT.
Selon l’auteur, ces perspectives auraient été contrariées par les manœuvres d’un responsable politique issu de la même région, qui aurait cherché à écarter d’autres prétendants afin de préserver ses propres ambitions pour la Primature.
Aucune preuve indépendante n’est toutefois apportée dans cette tribune pour étayer ces affirmations, qui relèvent de l’analyse et de l’interprétation de leur auteur.
Les choix du président analysés
Dans son texte, Aimé Stéphane Mansaré estime que le président Mamadi Doumbouya, a finalement privilégié la continuité institutionnelle en maintenant Dr Dansa Kourouma à la présidence de AN et Bah Oury au poste de Premier ministre.
Selon cette lecture, ces décisions traduiraient la volonté des autorités de consolider les institutions de la République en privilégiant l’expérience, la stabilité et la compétence plutôt que les rivalités politiques ou les équilibres régionaux.
M. Mansaré, considère également que ces choix envoient un message aux acteurs politiques sur la primauté de l’intérêt général dans la conduite de la transition.
Un débat qui dépasse le cas guinéen
Au-delà des interprétations liées à la scène politique guinéenne, cette réflexion soulève des questions plus larges sur les défis auxquels sont confrontés les États en transition : la gestion des équilibres régionaux, l’influence des ambitions personnelles dans les processus de nomination et la capacité des institutions à préserver leur indépendance face aux rivalités internes.
En mobilisant la fable du Dr Faya Lansana Millimouno, Aimé Stéphane Mansaré défend l’idée que la consolidation de l’État repose avant tout sur le mérite, le sens du service public et la préservation de l’intérêt général.
Si cette analyse reflète exclusivement le point de vue de son auteur, elle contribue à nourrir le débat sur la gouvernance et la construction institutionnelle en Guinée, à un moment décisif de son processus de transition politique.
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