Après le passage à la barre de Djeinabou Bah et Oumar Dioubaté tous d’eux victimes des massacres du 28 septembre 2009, c’est Alpha Boubacar Diallo, né le 30 avril 1985 à Conakry et chauffeur de profession, qui s’en est suivi.
Cette autre présumée victime a déclaré avoir quitté son domicile à 7h pour rejoindre l’autoroute route le Prince où il a été excité par la marrée humaine qui partait vers le stade du 28 septembre 2009. Il dit avoir arrivé au là-bas aux environs de 8h.
« Arrivé à Dixinn terrasse , de l’autre côté vers l’université Gamal, les leaders étaient bloqués par deux pick-up de la gendarmerie. Nous sommes venus de plus en plus, les manifestants devenaient nombreux, on s’est approché de la gendarmerie espérant joindre les leaders.
Entre temps, j’ai vu des jets de pierres, les gendarmes ne pouvaient pas résister, ils ont contourné vers la route du côté droite.
Ainsi, il y a un blindé qui a apparu au niveau des portails du stade, il y avait un groupe d’hommes d’estimation 6 personnes en les voyant, on sent que ce ne sont pas des simples civils.
Ils disaient aux gens, « victoire, venez, entrez », ils faisaient tomber les cailloux et les bâtons et personne n’est rentré avec un caillou ni un bâton et je croyais que ces gens-là étaient des organisateurs de la manifestation.
Une fois dans le stade, il y avait de la boue. Tout le monde faisait ce que lui semblait bon.
D’autres faisaient le tour du terrain et d’autres priaient.
Entre-temps, j’ai essayé d’aller m’asseoir où les supporters s’assoient. Il y avait une ambiance forte, le stade était plein comme s’il devait commencé un match de football. Il y avait un manque de communication entre les leaders et la foule, tous ceux qui étaient à côté d’eux pouvaient entendre ce qu’ils disaient.
Ainsi , j’ai entendu un coup de feu les gens disaient « ah ce n’est pas vrai » et personne n’a bougé où il était . Un peu plus tard, ils ont commencé à tirer en rafale, vers 10 heures, on a vu des gens tomber.
Tout le monde tentait de sortir par la petite porte parce que les militaires étaient à la grande porte. J’ai sauté et je suis tombé de l’autre côté des grillages.
D’un seul coup, les bérets rouges nous ont rejoint là-bas. Je ne sais pas comment je suis tombé, les bérets rouges sont venus nous rejoindre. Ils nous ont frappé, ils ont dit qu’on va ramasser les corps des victimes. On a dit qu’on ne peut pas. Un béret rouge a dit que si on ne le fait pas, il allait nous exterminer tous », a relaté Alpha Boubacar Diallo.
De poursuivre son histoire, il déclare faire partie des personnes qui ont été obligées de ramasser les corps.
« j’étais parmi les personnes qui ont ramassé les corps au stade. Le 1er corps qu’on a pris était au centre du stade avec une balle en pleine poitrine. On a ramassé les corps. Au bout de quelques instants, la croix rouge est venue accompagnée de la gendarmerie. Je me souviens du corps de la maman de Oumar Dioubaté qui vient de témoigner. Effectivement, la main de sa maman était fracturée à trois niveaux. Ça avait même commencé à s’enfler. Il y avait 40 corps, mais huit qui sont morts par balle et les autres c’était par bousculade », a-t-il ajouté.
La victime, dit être sauvé par la Croix rouge.
« Quand la croix rouge est arrivée, les militaires se sont tranquillisés comme si rien n’était et comme ça, je me suis approché de la Croix rouge, on nous a mis dans le pick-up pour nous envoyer à l’hôpital national Ignace Deen où j’ai reçu les premiers soins.
De là, je suis rentré à la maison en passant par le domicile du médecin qui m’a donné les soins à Ignace Deen » , indique Alpha Bacar Diallo.
Après son interrogatoire, à 13 heures, l’audience a été ajournée à cause de l’absence de certaines présumées victimes de la partie civile.
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