Les récentes réformes administratives engagées en Guinée, marquées par l’érection de certaines localités en préfectures ou gouvernorats, continuent d’alimenter les débats dans plusieurs régions du pays. À Koyama, sous-préfecture relevant de la préfecture de Macenta, dans la région forestière, la question d’une éventuelle évolution administrative demeure au centre des préoccupations des populations.
Pour mieux comprendre les enjeux, les atouts et les défis liés à cette perspective, Loupeguinee.com a rencontré Yaya Diplo Kourouma, consultant en communication pour le développement et président de l’Association des Ressortissants de Koyama à Conakry.
Dans cet entretien, il revient sur la place stratégique de Koyama, les obstacles à surmonter et les conditions nécessaires pour construire un avenir meilleur pour cette localité.
Monsieur Kourouma, les récentes réformes administratives ont suscité beaucoup d’attentes dans plusieurs localités. Quelle lecture faites-vous de la situation de Koyama qui n’a pas bénéficié, pour le moment, de cette évolution ?
Il faut d’abord rappeler que les autorités n’ont pas encore publié officiellement tous les critères ayant guidé les choix opérés dans le cadre de ces réformes. Par conséquent, toute analyse reste une lecture basée sur les réalités du terrain.
Cela dit, Koyama dispose d’atouts importants qui méritent d’être pris en considération dans toute réflexion future sur l’organisation administrative du territoire. Sa position géographique, son potentiel humain et ses capacités économiques constituent des éléments qui peuvent plaider en faveur d’un renforcement de son statut administratif.
Quels sont concrètement les atouts qui pourraient faire de Koyama une localité stratégique ?
Koyama bénéficie d’abord d’une position géostratégique remarquable. Elle est située à environ 7 kilomètres de la frontière avec le Liberia. Cette proximité représente un avantage en matière de sécurité, de coopération transfrontalière et d’ouverture économique.
Au-delà de cet aspect, Koyama dispose d’un vaste territoire composé de 22 districts. Elle possède également des infrastructures scolaires, une compagnie d’infanterie et un potentiel économique qui pourrait être davantage valorisé. Ce sont des éléments qui montrent que cette localité a des capacités pour jouer un rôle plus important dans le développement régional.
Malgré ces atouts, certains observateurs évoquent des défis internes qui pourraient freiner cette évolution. Qu’en pensez-vous ?
Comme toute communauté, Koyama fait face à des défis. Le premier défi reste celui de l’unité et de la cohésion entre les filles et fils de la localité.
Lorsqu’une communauté souhaite porter une ambition collective, elle doit pouvoir parler d’une seule voix. Les divergences, les rivalités personnelles ou les incompréhensions peuvent affaiblir une dynamique qui devrait être orientée vers l’intérêt général.
Il est donc essentiel de dépasser les clivages, de privilégier le dialogue et de construire une vision commune autour du développement de Koyama.
Certains estiment également que Koyama souffre d’une faible représentation dans certaines sphères de décision. Cette question est-elle importante selon vous ?
La représentation est effectivement un facteur qui peut compter dans la défense des intérêts d’un territoire. Une communauté a besoin de cadres compétents, engagés et capables de porter ses préoccupations auprès des institutions.
Mais au-delà du nombre de représentants, la qualité du leadership est fondamentale. Il faut des femmes et des hommes capables de fédérer, de proposer des solutions et de travailler dans l’intérêt collectif.
Quelles seraient alors les conditions pour que Koyama puisse espérer une évolution administrative dans l’avenir ?
Les chances d’une évolution future dépendront de plusieurs facteurs. Il faut d’abord renforcer l’unité entre les différentes composantes de la population.
Ensuite, il faut élaborer une véritable vision de développement qui rassemble les forces vives de Koyama.
Une localité ne se développe pas uniquement grâce à son potentiel naturel ou géographique. Elle avance aussi grâce à la cohésion sociale, au leadership responsable et à la capacité de ses habitants à travailler ensemble.
Quel message adressez-vous aux filles et fils de Koyama vivant à Conakry et ailleurs ?
Yaya Diplo Kourouma : Mon message est un appel au rassemblement. Nous devons mettre l’intérêt de Koyama au-dessus des considérations personnelles. Notre force réside dans notre capacité à nous unir autour d’une ambition commune.
Koyama possède des atouts considérables. À nous de les transformer en opportunités à travers la paix, le dialogue, la responsabilité et le travail collectif.
L’histoire nous enseigne que les grandes transformations naissent toujours de la volonté des communautés à se mobiliser ensemble. L’avenir de Koyama dépendra de notre engagement collectif.
U mot de la fin ?
Je voudrais rappeler que la question administrative est importante, mais elle ne doit pas être la seule préoccupation. Le véritable enjeu est de créer les conditions d’un développement durable pour nos populations.
Que Koyama devienne préfecture demain ou qu’elle évolue progressivement dans son statut, l’essentiel est que ses filles et fils restent unis pour construire un avenir meilleur.
Propos recueillis par Moussa Sampo, reporter au quotidien électronique Loupeguinee.com
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