À écouter certaines militantes, on pourrait croire que le bonheur d’une femme commence le jour où elle tourne le dos au foyer et se termine dès qu’elle prononce le mot « mariage ». Pour elles, être épouse ou mère au foyer relèverait presque d’une faute idéologique. Une caricature qui en dit parfois plus sur leurs certitudes que sur la réalité des femmes.
Le féminisme de vitrine semble avoir trouvé un nouvel ennemi : la femme qui assume librement son rôle d’épouse, de mère ou de gardienne de son foyer. Celle-là est souvent regardée de haut, comme si son choix était forcément le résultat d’une domination masculine. Curieuse conception de la liberté : applaudir un choix seulement lorsqu’il correspond à son propre logiciel.
Derrière les grands discours sur l’émancipation, certains voient aussi une mécanique bien huilée. Plus la femme est éloignée de sa famille, plus son image devient un marché.
Son visage vend des produits, son corps attire des consommateurs, son histoire sert des campagnes politiques ou des stratégies de communication. L’émancipation devient alors un argument commercial comme un autre.
La satire veut ici pointer une contradiction : ceux qui prétendent défendre toutes les femmes semblent parfois oublier celles qui ont choisi une vie familiale épanouie. Comme si la liberté cessait d’être une liberté lorsqu’elle conduit au foyer.
La véritable question n’est donc pas de savoir si une femme doit être au foyer ou faire carrière. La question est de savoir pourquoi certains mouvements s’arrogent le droit de décider quel choix mérite les applaudissements et lequel mérite le mépris.
Respecter les femmes, ce n’est pas leur imposer un modèle unique. C’est reconnaître qu’elles peuvent choisir leur chemin sans être jugées, qu’il mène à un bureau, à une entreprise, à une ferme ou à un foyer.
À force de transformer chaque débat en combat idéologique, certains courants féministes risquent d’oublier une évidence : la liberté ne consiste pas à remplacer une injonction par une autre. Elle consiste à laisser chaque femme vivre selon ses convictions, sans qu’une police de la pensée lui dicte ce qu’elle devrait être.
Saidou Diallo
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