Le directeur général de Radio Télévision Saraounia (RTS), Moussa Kaka, n’a plus donné signe de vie depuis le lundi 31 août. Alors que ses proches et ses collègues restent sans nouvelles, Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités nigériennes à ouvrir immédiatement une enquête pour déterminer les circonstances de sa disparition.
L’inquiétude monte au Niger autour du sort de Moussa Kaka, figure connue du paysage médiatique nigérien et directeur général du groupe Radio Télévision Saraounia (RTS). Le journaliste est porté disparu depuis plusieurs jours, suscitant de vives préoccupations au sein de la profession et de son entourage.
D’après les témoignages rapportés par Reporters sans frontières, Moussa Kaka avait quitté son bureau à Niamey lundi 31 août aux alentours de 19 heures afin de regagner son domicile. Il n’y serait toutefois jamais arrivé. Depuis cette date, ses proches et ses collaborateurs affirment être sans nouvelles de lui.
Son véhicule serait également introuvable, selon plusieurs médias nigériens.
RSF appelle les autorités à agir
Face à cette disparition, Reporters sans frontières, dont Moussa Kaka a été correspondant au Niger, demande aux autorités d’agir rapidement.
« La disparition de Moussa Kaka, journaliste de renom, est particulièrement préoccupante », estime l’organisation, qui souligne le contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu que traverse actuellement le Niger.
RSF appelle ainsi les autorités nigériennes à « ouvrir immédiatement une enquête afin de le retrouver et d’établir sans délai les circonstances de sa disparition ».
Cette disparition intervient dans un contexte de fortes tensions dans le pays, marqué notamment par les événements politiques récents et une situation sécuritaire toujours fragile.
Un journaliste déjà confronté aux autorités
Moussa Kaka n’en est pas à sa première difficulté avec les autorités nigériennes. L’ancien correspondant de Radio France Internationale (RFI) a déjà été interpellé à plusieurs reprises au cours de sa carrière.
En octobre 2025, il avait notamment été arrêté avec deux autres journalistes après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une invitation à une conférence de presse du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), une structure mise en place par le régime militaire afin de mobiliser des ressources en soutien au pays.
Les trois journalistes avaient été poursuivis pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public », sur le fondement de la législation nigérienne sur la cybercriminalité.
Après avoir été placés en garde à vue, ils avaient finalement été libérés sous caution.
Une disparition qui ravive les inquiétudes sur la liberté de la presse
La disparition de Moussa Kaka intervient ainsi alors que les professionnels des médias au Niger évoluent dans un environnement de plus en plus difficile.
Pour les organisations de défense de la liberté de la presse, l’affaire soulève de nouvelles interrogations sur la sécurité des journalistes et leur capacité à exercer leur métier dans un contexte politique sous tension.
Pour l’heure, les circonstances de la disparition de Moussa Kaka restent inconnues. Aucun élément public ne permet d’établir ce qui lui est arrivé depuis son départ de son bureau lundi soir.
Ses proches, ses collègues et les organisations de défense de la liberté de la presse attendent désormais des autorités nigériennes qu’elles mettent tout en œuvre pour le retrouver.
Moussa Sampo
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