À peine les résultats des élections législatives du 31 mai publiés, une nouvelle phase des négociations politiques s’est ouverte en Guinée.
Au cœur des discussions figure la désignation du futur président de l’Assemblée nationale, un poste stratégique qui devrait refléter les nouveaux équilibres politiques et régionaux du pays.
Selon plusieurs sources proches du pouvoir, le président de la République, Mamadi Doumbouya, poursuit des consultations discrètes avant de trancher. Si les ambitions personnelles sont nombreuses, les critères de choix semblent également répondre à des considérations de représentativité territoriale et d’équilibre institutionnel.
Plusieurs profils en lice
En Guinée Forestière, deux personnalités émergent parmi les favoris.
Le premier est Jean Paul Cedy, ancien ministre de l’Éducation nationale, dont la forte implication sur le terrain pendant la campagne électorale est régulièrement mise en avant par ses soutiens.
Face à lui se trouve Jean Paul Kotembèdouno, juriste constitutionnaliste et ancien rapporteur de la Commission Constitution, Lois organiques, Administration publique et Organisation judiciaire du Conseil national de la transition (CNT). Plusieurs sources affirment que son expertise juridique et son rôle durant la transition lui auraient valu une attention particulière au sommet de l’État, même si aucune confirmation officielle n’a été donnée.
En Basse Guinée, la candidature de Makalé Traoré apparaît comme la plus visible. Présidente du Parti de l’Action Citoyenne par le Travail (PACT) et figure reconnue de la société civile à travers la Coalition des femmes et filles de Guinée pour le dialogue, la paix et le développement (COFFIG), elle bénéficie d’une importante notoriété nationale.
Toutefois, selon plusieurs sources concordantes, son indépendance politique susciterait des interrogations au sein de certains cercles du pouvoir. Ses partisans y voient au contraire un atout susceptible de renforcer l’autonomie de l’institution parlementaire.
Parmi les personnalités dont le nom circule également dans les discussions figure Pépé Francis Haba, acteur politique de longue date et ancien dirigeant de parti. Selon plusieurs observateurs, son expérience de la vie politique et sa connaissance des institutions en font l’une des figures suivies dans les consultations en cours, même si aucune indication officielle ne le présente, à ce stade, comme candidat déclaré au perchoir.
Dansa Kourouma face à des incertitudes
Le président sortant du Conseil national de la transition, Dansa Kourouma, demeure également cité parmi les personnalités susceptibles de briguer la présidence de la future Assemblée nationale.
Sa candidature pourrait néanmoins être confrontée à plusieurs défis. D’une part, certains observateurs estiment que les équilibres régionaux actuellement recherchés pourraient favoriser d’autres profils. D’autre part, des interrogations persistent autour de la gestion financière du CNT.
Selon des informations recueillies auprès de plusieurs sources, des enquêteurs de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) auraient engagé des vérifications sur la gestion administrative et financière de l’institution. Des sources internes évoquent une forte centralisation des décisions budgétaires durant le mandat de transition.
Sollicité par notre rédaction, l’entourage de Dansa Kourouma affirme que l’ancien président du CNT reste « serein » et assure n’avoir « aucune inquiétude » quant aux contrôles en cours, tout en rejetant toute accusation de mauvaise gestion.
Une décision attendue
Au-delà des profils individuels, le choix du futur président de l’Assemblée nationale sera interprété comme un signal politique fort sur les orientations de la nouvelle législature.
Entre recherche d’équilibre régional, renouvellement de la classe politique, expérience institutionnelle et volonté de consolider les acquis de la transition, la décision finale revient désormais au président Mamadi Doumbouya.
Le futur titulaire du perchoir héritera d’une responsabilité majeure : conduire les travaux du premier Parlement élu depuis la transition et accompagner la mise en œuvre des réformes institutionnelles attendues par une partie de la classe politique et de la société civile.
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