de cette funeste tradition ?
Allons Guinéens, chers compatriotes ! L’échec n’est pas un mal en soi. C’est sa répétition qui peut être dramatique.
Nous ne sommes pas condamnés à rater tous les dialogues si ce n’est de notre gré. Pour ce faire, nous devons revoir la page sur laquelle nous avons écrit notre histoire.
Nous devrions changer les approches du dialogue à moins que nous ne voudrions perpétuer la chaîne de nos mésententes et de nos malheurs.
Sachons que, tant que nous serons divisés, la liste des victimes, d’un côté comme de l’autre, ne fera que s’allonger. Que les scènes de chasse-poursuite entre lanceurs de pierres et détenteurs de plombs ne s’arrêteront pas.
Nous devrions sortir de l’hypocrisie collective pour dire les raisons des échecs successifs.
Convenons que nous n’avons ni un Dicko, ni un Desmond Tutu encore moins un Mandela. Que nos pouvoirs n’ont généré que des Néron, des Borgia et des Bokassa en miniature.
Par conséquent, il est temps de comprendre que si un dialogue échoue à chaque fois, c’est la médiation qui est mal portée.
Qu’à défaut d’être délocalisé (ce qui n’est pas forcément la solution), il doit être confié à des personnes qui ne pensent pas à la récompense ; aux retombées financières ; aux per diem des assises.
Il ne doit pas être conduit par des gens qui songent secrètement à être ministre. Si ce n’est premier ministre. Qu’il ne peut être guidé par des citoyens qui cherchent l’affection de leur mandant. Actuellement, le colonel.
Pour sa réussite, le dialogue doit être porté par des personnes qui n’ont pas peur de la couleur des yeux du chef. Bref, notre dialogue doit être revu dans le fond et la forme. A défaut de changer les acteurs-du moins certains- il doit être repensé et se couper de tous ceux qui l’ont précédé dont il n’est que la pâle copie.
Le dialogue est possible si nous faisions face à nos plaies
Nous avons vu que c’est faute de dialogue que bien de pays se sont enfoncés. Les conflits internes récurrents, devenus incontrôlables, ont souvent conduit aux guerres civiles. Nous devrions nous interroger et se dire ce que cela nous inspire.
De la sorte, nous pourrions nous parler sans détour ni tabou. Alors, nous saurons nous demander mutuellement jusqu’à quand allons-nous continuer à nous mentir ?
Dès lors, nous comprendrons ce qui complique la situation et empêche la finalisation du processus de dialogue comme le souhaiteraient tant la communauté internationale que la majorité des Guinéens.
Ce qui nous conduirait à percer les abcès en reconnaissant que beaucoup de plaies qui nous opposent restent à guérir.
Aussi, reconnaissons que pour bon nombre de Guinéens, ce sont les gouvernants qui sont à la base de nos maux. Ce sont eux qui refusent d’œuvrer pour un remède efficace et, par conséquent, accumulent les erreurs ; enchaînent les abus ; causent des violences par leur incapacité à dialoguer avec leurs propres citoyens.
Si un régime politique y parvenait, nous cesserons de nous regarder en chien de faïence ; de nous opposer sur des bases ethniques subjectives en perdant de vue l’essentiel : nous sommes tous Guinéens.
Alors, nous nous regarderons face à face pour conjuguer le verbe être guinéen à la première personne du pluriel.
Enfin, nous viendrons à bout de ceux qui jouent avec le feu en soufflant sur les braises qui couvent depuis bien longtemps.
Pour y parvenir, nous devons avoir le courage de dire que les manifestations que nous vivons actuellement sont la reproduction de celles qui ont conduit à la fin du pouvoir de M. Alpha Condé et qu’elles compromettent l’avenir. Et pour cause ?
On ne saurait renverser un système politique et vouloir, par la suite, le reproduire et le perpétuer.
Bref, l’Etat contre les citoyens demeure l’une des pratiques de gouvernance des pouvoirs guinéens. L’une des plaies de notre pays.
L’actuel pouvoir, illustration d’une forme de la violence d’Etat, le putsch, ne devra son salut que s’il crée la rupture. S’il revoit son orientation et son mode de gouvernance.
Pour cela, il va falloir prendre en compte les limites de la mission de ce qu’il est convenu d’appeler « gouvernement de transition ».
Le Comité militaire pour la démocratie et le développement (Cndd) n’en paya-t-il pas les frais pour l’avoir ignoré ? Les pratiques d’antan ne peuvent perdurer. La gouvernance par la force non plus.
Pourtant, ne continue-t-on pas de tuer comme sous l’ère Condé ? Et qui a osé dire au CNRD, à part certains médias, semble-t-il menacés, qu’il n’y a nulle part de lisibilité ? Que la situation ne peut tenir longtemps tant les citoyens ont l’impression d’avoir été dupés. Qui ? Ce ne sont en tout cas pas nos médiateurs dont certains, comme souligné plus haut, cherchent plutôt à se positionner.
Ne perdons jamais de vue que notre histoire est jalonnée de violences politiques, d’arbitraires et de conflits à caractère ethnique. Que l’inclusivité, tant ambitionnée par le dialogue actuel, est prise en étau.
Veillons d’y mettre fin. Le pouvoir en place, plus que ses prédécesseurs, doit prendre conscience de cette mission patriotique et salvatrice. S’y attèle-t-il réellement ?
La réponse est plus entre ses mains que celles des citoyens.
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